Et si tu cessais de regarder ton corps pour commencer à l’habiter?
Une réflexion sur le corps, la présence, la beauté et ce que signifie vraiment habiter pleinement qui nous sommes.
2/6/20265 min read
Et si tu cessais de regarder ton corps pour commencer à l’habiter?
Il y a une différence énorme entre regarder son corps et l’habiter.
Je l’ai longtemps ressenti sans savoir exactement comment la nommer.
Adolescente, je ne me sentais pas particulièrement bien dans mon corps. Comme beaucoup de jeunes filles, j’avais appris à le regarder pour l’évaluer et le critiquer. Je me demandais si j’étais assez jolie, si j’étais trop ou pas assez féminine. Je ne voulais surtout pas être jugée seulement sur mon apparence physique, mais je voulais aussi plaire…
Puis, au début de la vingtaine, j’ai découvert la danse orientale.
Et quelque chose a changé.
Je me suis retrouvée devant un miroir, non pas pour chercher ce qui clochait, mais pour découvrir ce que mon corps pouvait faire.
Moi qui me voyais comme un vilain petit canard, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie gracieuse.
Dans ces mouvements, j’étais totalement présente. Vivante. C’est comme ça que j’ai commencé à habiter mon corps.
Je ne savais pas encore que cette découverte allait devenir un fil conducteur de toute ma vie.
Nous avons appris à regarder notre corps de l’extérieur
Quand j’ai commencé à enseigner la danse orientale, j’ai été frappée par quelque chose.
Je voyais des femmes magnifiques, souvent jeunes, regarder leur ventre, leurs bras, leurs jambes, leurs hanches… et y voir tout ce qui n’allait pas.
Elles pouvaient être belles, vivantes, expressives, brillantes, pleines de présence, et pourtant continuer à se regarder avec les yeux d’un juge impitoyable.
J’ai compris que le problème n’était pas simplement de ne pas « aimer son corps ».
Nous avions appris à le regarder de l’extérieur.
À l’évaluer, le sous-peser, le surveiller.
À le comparer à un idéal de beauté impossible.
Nous, les femmes, sommes éduquées à nous demander comment notre corps est perçu, plutôt que comment nous nous sentons vivre dedans.
Comme si une partie de nous se tenait constamment devant un miroir invisible.
Et cette façon de nous regarder de l'extérieur finit par prendre énormément de place, dans notre mental et notre énergie.
Vivre avec ce regard extérieur nous éloigne de nos sensations, de notre spontanéité, de notre plaisir. Elle nous maintient dans notre tête, alors que notre corps, lui, demande simplement à vivre.
On a vraiment été conditionnées à critiquer notre corps de l’extérieur plutôt que de l’habiter pleinement dans sa beauté.
Habiter son corps, ce n’est pas apprendre à l’aimer parfaitement
Je ne crois plus que la solution consiste à réussir à aimer chaque centimètre de son corps.
Il y aura des jours où on aimera davantage certaines parties. D’autres où on se sentira fatiguée, gonflée, vieillissante, différente. Notre corps change et évolue contamment, traversant les saisons de notre vie avec nous.
Habiter son corps, ce n’est pas parvenir à un état permanent de satisfaction devant le miroir.
C’est quelque chose de beaucoup plus vivant : ressentir.
Sentir le plaisir d’un mouvement, la chaleur du soleil sur la peau, la fatigue qui demande du repos, l’élan qui donne envie de bouger.
Écouter ce qui se passe à l’intérieur plutôt que de se préoccuper constamment de ce qui paraît à l’extérieur.
Retrouver la sensation toute simple, mais puissante, d’être chez soi.
Malgré tout ce que notre monde matérialiste veut nous inculquer, notre corps n’est pas un objet, une chose.
Ton corps, c’est chez toi.
Et peut-être que se réapproprier son corps commence justement là : en cessant de vouloir constamment le corriger, pour recommencer à l’écouter.
Quand on habite son corps, quelque chose change
C’est probablement ce qui me touche le plus, quand je suis témoin d'une femme qui habite son corps tout entier.
Quand une femme cesse de chercher à bien paraître et commence réellement à sentir, quelque chose surgit.
Sa manière de bouger change.
Son regard change.
Sa présence change.
Elle n’essaie plus tant de correspondre à une image. Elle devient plus elle-même.
Et c’est là que je trouve la beauté véritablement bouleversante.
Quand une femme habite pleinement son corps, sa beauté unique émane. Et dans ces moments, sa beauté nous touche profondément, parce que c’est sa vérité.
Cette beauté-là n’a rien à voir avec la perfection d’un idéal.
Elle rayonne de l’intérieur.
Elle émane de la présence à ce qui est vivant en elle.
Sans fard et sans masque.
Mystérieuse, joueuse, féline, tendre, triste, féroce… toutes ses facettes. Tout ça ensemble. Entière.
C’est ce que j’ai découvert dans la danse, puis que j’ai retrouvé sous différentes formes au fil des années. C’est aussi ce qui a nourri la naissance de Magnifiquement TOI!, mon travail autour du style authentique, de la beauté et de l’expression personnelle.
Et avec le temps, mon exploration m’a menée encore plus loin.
Parce que lorsqu’on recommence à habiter son corps, on recommence aussi à entendre ce qu’il nous dit.
Nos besoins et nos limites.
Nos élans, nos désirs et notre plaisir
De soi vers l’autre
Il y a quelque chose de profondément relationnel dans cette reconnexion à soi.
Plus je me connais, plus je peux être véritablement en relation avec quelqu’un d’autre.
Plus je m’écoute, plus je sais ce que je ressens, ce qui me fait du bien, ce que je désire ou ce qui ne me convient pas, plus je peux le communiquer.
Je peux être présente à l’autre et l’écouter sans m’abandonner moi-même.
Parce que la connexion à l’autre ne commence pas par l’autre : elle commence par soi.
C’est un chemin que j’ai moi-même parcouru, notamment dans mon rapport à l’intimité et à la sexualité. Et il m’a amenée à comprendre que notre corps n’est pas seulement quelque chose que l’on montre, que l’on habille ou que l’on désire rendre séduisant.
C’est un lieu à partir duquel on peut vivre.
Recevoir et donner.
Sentir. Choisir. Aimer. Créer!
C’est de là qu’est née Essensualité
Aujourd’hui, cette conviction est au cœur d’Essensualité.
Essensualité est une pratique de mouvement et de présence qui invite les femmes à revenir dans leur corps, à écouter leurs sensations et à retrouver leur propre boussole intérieure.
Ce n'est pas une pratique pour devenir plus sexy.
C’est tout le contraire d’une performance.
Il ne s’agit même pas de ‘réussir’ quoi que ce soit.
C’est essentiellement écouter, bouger et sentir, pour découvrir ce qui est vivant en soi.
Parce que je crois que devenir pleinement soi ne consiste pas à améliorer ou ajouter à ce que nous sommes, mais plutôt enlever peu à peu tout ce qui nous éloigne de nous-mêmes.
Le regard des autres.
Les comparaisons.
Les « il faut ».
Les images auxquelles nous avons appris à nous conformer.
Et revenir.
Revenir au corps, aux sensations, et au plaisir.
Revenir à cette femme qui est déjà là, sous toutes les couches de ‘comme il faut’.
Celle qui n’a pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour être pleinement elle-même.
Celle qui peut enfin cesser de se regarder de l’extérieur…
et commencer à habiter son corps de l’intérieur.
J’ai récemment eu l’occasion de raconter une partie de mon parcours dans une entrevue :
Habiter son corps : le parcours de Stéphanie Wilbur

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